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Le journal des travaux



Le site Jean Luthier de l’IUT de Tours, constitué de huit bâtiments d’une surface totale d’environ 20 000 m2, n’a jamais fait l’objet de travaux de rénovation extérieure depuis sa création en 1968.

La première tranche des travaux, réalisée en site occupé, porte sur le bâtiment qui borde le boulevard du Maréchal Juin :

  • De 100 mètres de long,
  • De 15 mètres de haut,
  •  Hébergeant 5 départements de formation et un Centre de Ressources en Langues,
  •  Accueillant chaque jour près de 1000 étudiants.

Mise en sécurité et performances thermiques

L’opération de réhabilitation commencée cette semaine consiste  d’une part, à assurer la sécurité des utilisateurs et, d’autre part, à améliorer les performances thermiques des bâtiments  par une isolation par l’extérieur et le remplacement des huisseries ainsi que par la mise en place d’une ventilation double flux.

Des économies attendues

Le nouveau système d’éclairage du bâtiment s’adaptera à la luminosité extérieure et à la présence ou non de personnes. L’objectif affiché est d’atteindre un classement de niveau B en matière énergétique contre un niveau D actuellement. Ces améliorations pourraient dégager une économie de 30 K€/an.

Journal des travaux

Cette rubrique accueille chaque semaine un texte d’un membre du personnel ou d’un étudiant de l’iut. Ceux qui sont derrière les fenêtres s’expriment ! Ces textes proposent un regard subjectif sur les travaux en cours, donnent le ressenti ou l’imagination des personnes au travail à l’iut, ou offrent une description de l’avancement des travaux. Preuve que les personnels et étudiants s’intéressent aux travaux et, même, se les approprient !


Semaine 6


Le déménagement du cours


La première entrée dans la salle de cours est impossible : très vite, une perceuse hurle et nous nous regardons, les étudiants et moi, en souriant : il va être impossible de faire cours. Il est 13h30, heure de travaux. L’heure de cours aurait du être déplacée. Je sors pour tenter de trouver une autre salle : impossible. Lorsque je reviens, un groupe de filles est sorti de la salle pour papoter plus à l’aise dans le couloir : elles ne parvenaient plus à discuter à l’intérieur... Retour dans la salle, j’annonce que nous allons écrire sur les travaux, puis promets de parler fort, prends la chose à la cool. Après quelques phrases, la première salve de perceuse me montre que c’est rigoureusement impossible : j’attends bras croisés, mais le temps dure. Je me penche vers la fenêtre : les ouvriers travaillent précisément de l’autre côté de la paroi. Je comprends le bruit. Nous déménageons.

Les étudiants prennent leurs petites affaires et nous rejoignons la salle de presse de l’école de journalisme. Ils n’ont pas de chaise. Nous faisons cours dans une atmosphère confinée, qui tient plus de la salle de séminaire que du cours de première année. Je ne les vois pas tous. Il fait vite bien chaud.

Dans mon cours, j’explique que nous ne sommes pas, contrairement ce qu’avait annoncé le sociologue Alain Touraine, qui ici porte bien son nom, dans une société « post-industrielle » ou de l’information, mais que l’industrie s’est simplement déplacée, en Chine ou en Inde, avec la mondialisation accrue des échanges. Que les ouvriers existent toujours, et sont encore nombreux, en France, plus qu’on ne le croit, que le travail industriel façonne nos vie et nos objets. Que ces fenêtres que l’on (dé)pose sont bien le signe et le fruit d’une activité industrielle et ouvrière.

Retour dans la salle prévue, à une heure prévue pour les cours durant la période de travaux. Maintenant, ce n’est plus la perceuse, mais la nacelle auto-élévatrice incluse dans l’échafaudage (façon d’écrire bizarre aux yeux du technicien, sans doute) qui émet un bip sonore d’avertissement très régulier et saccadé, qui fait aussi occupation de l’espace. Cela ne cesse pas. Je pense après coup à ce film d’un artiste britannique qui montrait une femme aux prises avec les sonneries du quotidien : du téléphone portable à la machine, incessantes. Une vie contrôlée et balisée par des bips, avertissements en tout sens. Activité protégée.

Je poursuis alors le cours. Salue un contremaître et un ouvrier masqué sur une passerelle descendante, mais le salut ne m’est pas rendu. J’en parle aux étudiants. Autre monde, sans doute, que celui regardé. Ils regardent le prof dans la salle, je les observe descendre, paroi de verre entre nous (et codes culturels, rapport à la matière, etc.).

Je continue le cours, mais cela ne marche plus. Les étudiants sont très excités. Ils parlent sans cesse entre eux. Le bruit, l’activité les a gagnés.


 

Semaine 5

Le trou dans la fenêtre
(En bas coule une profonde rivière)

Il y avait encore cette odeur de soufre dans l’air. Mon casque sur les oreilles, j’écoutais encore « Down the deep river » d’Okkervil River. Je n’avais pas entendu de déflagration, mais le regard tourné vers la fenêtre je voyais l’impact. Costume années 1920, noir avec de fines rayures blanche, le Borsalino de côté, et son colt 45 encore fumant, il se tenait dans l’encadrement de la porte comme un mafieux de cinéma, regardant avec satisfaction la blessure qu’il venait d’infliger à la fenêtre. Pourquoi avait il tiré et sur qui, Will Sheff, s’avançait soufflant sur le canon de son flingue avant de le rengainer.

C’est le bruit de la perceuse qui me sortit de mes songes et couvrit le son de cette magnifique  mélodie. Je me levais et me dirigeais vers la fenêtre et posais mon doigt sur l’impact ; il était bien là, et j’aimais à me laisser imaginer de sombres et sordides histoires de mafieux dans ces lieux. Regardant dehors, le son de la perceuse s’étant tu, j’entendais le léger sifflement de l’air s’engouffrant par cet orifice. Il me racontait des histoires et le verre en vibrant venait y ajouter une nouvelle musicalité.

Je suis le vent glacé de l’hiver et tant que ce trou existera, jamais tu n’auras chaud l’hiver ici ! Je suis la pluie abondante de la Touraine et créer des flaques par cet impact régulièrement je ferai. Seuls les jours de grand beau temps nous ne te tourmenterons pas, c’est la menace que proférait le vent. La nature comme depuis des millénaires s’engouffrait dans les édifices humains et reprenait ses droits.

C’est à ce moment là que le vent se tut. Will Sheff pénétrait dans le bureau, mais il n’était pas habillé comme dans mes rêveries. Il avait une salopette en Jean bleu délavé en guise de costume, un casque orange avait remplacé son Borsalino et une perceuse à main à la place du colt 45.Il me dit que c’était l’heure, et qu’il venait changer la fenêtre du bureau.

Le vent souffla une dernière fois par le trou dans la vitre, je crus y reconnaitre ce morceau que j’adore, « Down the deep river ».

J’oubliais, le  chanteur d’Okkervil River s’appelle réellement Will Sheff !

Bertrand Billault


Semaine 4

La fenêtre derrière la fenêtre


Soudain derrière la fenêtre nous voyons une fenêtre. En fait, ce qui me fait regarder, au premier abord, c’est que je crois qu’une carte postale est appliquée sur la fenêtre. En réalité, c’est une étiquette. L’étiquette d’une « nouvelle » fenêtre. Car derrière la fenêtre du bureau, il y a une autre fenêtre, que l’on croit d’abord posée, comme en une future extension du bâtiment, ou une pose définitive ultérieure, alors que, à y regarder de très près, la fenêtre n’est que posée sur l’échafaudage, préfigurant l’avenir. Nous la regardons intensément, sa poignée, nouvelle, la petite serrure qui l’orne. C’était donc vrai. L’avenir est proche.


Semaine 3

Le son, la voix au travail et l’espace 

Le son des perceuses emplit la salle. On sait que le travail a commencé, que ce que l’on a entendu présenter en réunion d’information commence. Pose des fenêtres. On voit que l’horaire n’est pas exactement celui annoncé. Il est 12h30, dit une collègue en plaisantant. (Or il n’est pas 12h30). La perceuse se fait brève. En réunion, je monte la voix, pour faire comme si le bruit n’empêchait pas de parler. On appelle cela ensuite « prendre sa voix de 12h30 ».


Le son fait exister l’espace du couloir autrement. Il fait apparaître un ailleurs dans le bâtiment. C’est un bruit du travail, aussi, quand notre travail n’a de bruit que celui du clavier ou de la voix, soutenue ou posée, en cours. Un autre travail que le notre s’opère, un travail ouvrier.

En cours, tout à coup, quand l’illustration concrète parfois s’improvise, les travaux servent d’exemple : informer sur les travaux, dans un cours qui s’efforce de distinguer l’information de la communication… On se sert de la réalité qui passe, et qu’on entend. Les travaux prennent corps dans l’IUT, et dans les cours.

Ils font exister cet espace, aussi. Le bâtiment devient plus grand que notre monde immédiat (notre salle = le monde), notre couloir départemental. Ils nous livrent à plus grand, nous inscrivent dans un processus actif de transformation, pour de meilleures conditions de travail. Ils élargissent le périmètre de l’activité.

Et finalement, ils font écrire, et penser. Un début.


Semaine 2

Poussières et prouesses

Jeudi 25/2/16 à 14h

Notre collègue chargée de l’entretien l’aura remarqué : sur les marches de l’escalier E, les particules de poussière s’accumulent à un rythme effréné. L’autre jour, je l’ai vue s’y attaquer le balai à bout de bras. Elle essayait de nettoyer par terre le mélange habituel de poussières, plastiques et cheveux auquel s’était ajouté une couche dispersée de cendres bétonneuses. Une fois rassemblées, ces petites saletés formaient un épais monticule : ce que l’artiste surréaliste Man Ray aurait appelé un « élevage de poussières ».


Mardi 23/2/16 à 10h30

A l’occasion d’une pause cigarette avec notre intervenante Marie L., j’ai pu assister à l’installation d’un échafaudage sur la façade du bâtiment. Il pleuvait ce jour-là et les premières planches et tubes venaient d’être posés par un maçon d’environ 50 ans. Pour s’extraire de sa solide et encore précaire structure métallique, il fit trois pas – plam, plam, plam – puis un saut pour s’accrocher à la poutre – cling ! – et aussitôt il atterrissait dehors. Admiration devant cette prouesse acrobatique, sans accroc ni glissade : c’est l’expérience du métier qui veut que ce monsieur soit notre champion aux olympiades du chantier.
Gustavo Gomez-Mejia

Semaine 1

Cette première semaine a permis la validation du prototype de fenêtre et de panneau d'isolation. La présidence de l'Université et les représentants du rectorat reçus par la direction de l'IUT ont pu se faire expliquer le procédé d'installation dans les moindres détails.

Les différents échaffaudages sont en cours d'installation, ainsi que les plateformes élévatrices qui permettront de poser les nouvelles fenètres et les panneaux venant habiller le bâtiment E.





Semaine 0

Avant le début des travaux et pour immortaliser le bâtiment E qui est le 1er concerné par l'opération de réhabilitation, un drone est venu filmer le site... Images actuelles qui deviendront bientôt images souvenirs d'un bâtiment historique de l'Université de Tours.


 

Merci aux sociétés Une image à part et Kokalane qui ont réalisé ces prises de vue.


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